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Vers une nouvelle gouvernance européenne

Vassilis Kontzinos

Le Parti Démocrate européen a tenu vendredi 3 juin son Conseil à Athènes en présence de délégations venues de toute l’Europe. Les débats, ouverts par les co-Présidents François Bayrou et Francesco Rutelli, ont débuté par l’adhésion formelle de trois nouveaux partis politiques : la Coalition canarienne (Coalición Canaria), le Parti réformiste croate (NS Reformisti) et l’Union des centristes grec (Enosi Kentroon).

José Miguel Barragan, secrétaire général de la Coalition canarienne :

« Nous avons une vision pour l’Europe, nous souhaitons qu’elle soit repensée au plus près des citoyens. Nous avons aussi l’ambition de faire comprendre aux Européens les difficultés que connaissent les régions ultrapériphériques et les territoires insulaires. »

Radimir Čačić, président du Parti réformiste croate :

« Nous partageons énormément de valeurs avec le Parti démocrate européen. Nous prônons une attitude politique différente et davantage de solidarité entre les citoyens. Nous pensons aussi que des réformes sont nécessaires, en Europe comme en Croatie, pour diminuer le taux de chômage et ainsi la pauvreté. »

Dimosthenis Danellas, représentant de Vassilis Leventis, président de l’Union des centristes, retenu en voyage officiel :

« Nous souhaitons que la Grèce demeure au sein de l’Union européenne et de la zone Euro. Ensemble, au PDE, nous allons travailler pour une meilleure Europe, une Europe plus unie. »

La matinée s’est poursuivie avec une série de discussions sur les moyens de lutter contre le populisme. En introduction, François Bayrou a relevé à quel point il était frappant de constater l’accumulation de phénomènes illustrant la remise en cause de l’Europe dans chacun des pays européens, pointant du doigt le rôle de bouc émissaire de l’Union européenne :

« L’Europe apparaît aux peuples comme portant les pêchés de la mondialisation. C’est particulièrement préoccupant parce que ceux qui sont les plus sévères sont les plus en difficulté, les moins formés. Quand un projet politique se coupe ainsi de sa base populaire, alors il est en danger. »

Le président du Mouvement Démocrate s’est inquiété, d’ailleurs, de l’incapacité des dirigeants européens à impliquer les citoyens :

« Les chefs d’Etat et de gouvernement sont très silencieux, en tout cas en France. Le président de la République n’a pas dit un mot aux citoyens français sur la crise grecque, il ne leur a jamais expliqué non plus les conséquences qu’aurait le traité transatlantique. Tout cela se passe dans l’éloignement le plus total des opinions publiques et le succès des populismes résulte aussi de ces faiblesses. »

Francesco Rutelli, co-président du PDE, s’est à son tour inquiété de la crise de la démocratie en Europe, alors même que le projet européen représentait, à ses débuts, l’anticipation du triomphe de la démocratie. Pour l’ancien maire de Rome, il faudra prêter une grande attention aux conséquences du résultat du référendum au Royaume-Uni :

« Il faut savoir qu’à l’issue de ce référendum, l’Europe ne sera plus la même. Elle peut décliner très rapidement, si nous ne veillons pas au grain. Si le résultat était négatif, des pays pourraient décider très rapidement de quitter l’UE. Les partis pro-européens comme le nôtre doivent discuter d’une refondation de l’Europe, sur des bases qui pourront être comprises par les citoyens. »

Ces sujets ont été au cœur des interventions des différents membres, chacun regrettant l’illisibilité des institutions et des décisions européennes, et la défiance que cela suscite chez l’opinion publique. Les différentes délégations ont d’ailleurs illustré ce désamour grandissant par leurs situations nationales respectives, notamment en Pologne, en Allemagne ou en France où les partis populistes et eurosceptiques attirent de plus en plus d’électeurs.

Marielle de Sarnez, secrétaire générale du PDE et vice-présidente du groupe ADLE au Parlement européen, a conclu cette discussion en encourageant chacun à participer activement à un processus de reconstruction de la démocratie européenne :

« Soit l’on décide d’améliorer le système institutionnel existant à la marge, en le rendant peut-être plus transparent, plus démocratique, soit l’on décide de le repenser. Moi, je crois qu’il est temps de le repenser vraiment. Il va falloir que l’on invente une démocratie européenne en associant les parlements européens, les citoyens européens, en essayant de retrouver un équilibre avec les chefs d’Etat et de gouvernement. Aujourd’hui, nous sommes dans des visions qui sont à chaque fois extrêmement égoïstes et repliées sur elles-mêmes. Je pense que le temps doit être au renouvellement, à l’innovation, à la création d’une nouvelle forme de gouvernance européenne. Voilà pour moi les défis que le Parti Démocrate européen aura demain à relever. »

L’après-midi, Dimitris Malliaropulos, de la Banque de Grèce, et Harry Theocharis, député et ancien secrétaire général du revenu intérieur au ministère des Finances, étaient invités par le PDE à donner leur éclairage sur la conjoncture grecque et les perspectives de sortie de crise.

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