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Les nouvelles ambitions du programme spatial de l’Union européenne

ESA logo
Tobias Arhelger / Shutterstock.com

L'eurodéputé français Christophe Grudler (MoDem) nous explique comment les technologies spatiales sont utilisées au quotidien et quelle est la stratégie spatiale de l'Europe.

Pourquoi développer une stratégie spatiale européenne ?

Les technologies spatiales sont aujourd’hui indispensables dans nos vies. Des agriculteurs pour observer l’état de leurs champs, aux pompiers pour visualiser une zone sinistrée, mais également pour le voyageur pour l’aider à trouver son chemin : nous utilisons tous les jours des données produites par des satellites européens.

C’est pourquoi je suis convaincu que l’Union européenne doit continuer à investir dans ce secteur, et notamment pour assurer notre indépendance européenne face à des technologies chinoises, américaines ou russes.

Avoir une véritable stratégie spatiale européenne nous permet de mettre en cohérence la diversité des opportunités de cette politique spatiale : des satellites d’observation et de télécommunications, aux programmes d’exploration, en passant par les vols habités.

De plus, cette stratégie européenne a pour vocation d’unir les forces de l’ensemble des acteurs qui font l’Europe du spatial : de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), aux agences spatiales nationales (comme le CNES en France), aux agences européennes (comme EUSPA, l’Agence européenne pour le programme spatial), et bien évidemment les entreprises et les centres de recherche spécialisés sur le spatial.

En quoi consiste l’adoption du nouveau programme spatial européen ?

Nous sommes parvenus, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à un accord sur le Règlement établissant le programme spatial européen. En tant que rapporteur pour mon groupe Renew Europe, je me félicite de cette victoire, car ce texte permet de tracer les grandes orientations du spatial européen pour les prochaines années.

En parallèle, nous avons réussi à obtenir, dans le cadre des négociations sur le budget de l’Union Européenne, une enveloppe de 14,8 milliards pour ce programme, soit presque 4 milliards supplémentaires par rapport à la période précédente. C’est un immense progrès !

Si l’on pousse la réflexion et qu’on entre un peu dans les détails, ce règlement renforce les programmes phares de l’UE : Copernicus pour l’observation de la Terre, Galileo et EGNOS pour le positionnement par satellite (le « GPS européen »), GovSatCom pour les télécommunications sécurisées, ou le programme de surveillance de l'espace (SSA) pour suivre les débris spatiaux.

Cette feuille de route permettra de développer des services spatiaux toujours plus utiles pour nos concitoyens, en mettant l’accent sur l’innovation.

L’innovation est évidemment un enjeu essentiel pour renforcer la place de l’Union Européenne dans la course à l’espace. C’est grâce à elle que nous pourrons par exemple mettre en œuvre la constellation européenne de satellites quantiques, un projet qui me tient particulièrement à cœur et qui permettra de rendre nos télécommunications européennes plus sécurisées.

Quel est le rôle de l’agence spatiale européenne (ESA) à travers la mise en place de ce programme ?

L’Agence Spatiale Européenne (ESA en anglais) est une agence internationale basée à Paris, qui ne dépend pas de l’Union Européenne, mais avec laquelle les institutions européennes collaborent étroitement, car elle est un acteur majeur de la politique spatiale européenne pour tout ce qui est recherche et innovation. La majorité des programmes spatiaux européens sont développés en collaboration entre l’ESA et l’Union Européenne.

L’ESA met en œuvre plusieurs volets de notre politique spatiale : l’observation de la Terre, le suivi des lanceurs européens, ou encore la conduite de missions scientifiques d’observation.

Par ailleurs, il faut noter que le nouveau règlement spatial prévoit la mise en place d’une Agence européenne du programme spatial (EUSPA, basée à Prague). Celle-ci remplacera l’ancienne agence « GSA », et sera chargée de coordonner certains programmes financés par l’Union Européenne, notamment les plus sensibles comme les télécommunications sécurisées.

Ainsi, l’Europe du spatial s’est construite sur la coopération entre l’ESA, les agences de l’Union Européenne, et les agences des États membres. Et cette coopération est notre force !

L’Union européenne est-elle à la traîne par rapport à ses concurrents américains, chinois et russes ?

Je ne crois pas que l’Union européenne soit véritablement à la traîne. Si l’on prend les compétences et des technologies spatiales, l’Europe est à la pointe !

Nous disposons de certains des meilleurs ingénieurs, chercheurs et techniciens dans le domaine spatial. Notre savoir-faire en termes de lanceurs et de satellites est exceptionnel, et l’Europe vend ses technologies à travers le monde entier.

Encore récemment, c’est un instrument français — la SuperCam —, qui était embarqué sur le « rover » américain Perseverance, qui s’est posé avec succès le 18 février dernier sur Mars. 

Cependant, il est vrai que d’un point de vue de la stratégie spatiale, l’UE n’a pas toujours été assez coordonnée et unie. Et pour certaines missions, elle n’est pas aussi autonome qu’on pourrait le souhaiter.

Si l’on prend les vols habités, l’Europe dépend actuellement de vaisseaux américains ou russes pour se rendre dans l’espace. Que cela soit pour aller dans la Station spatiale internationale (ISS), ou le futur Lunar Gateway, une future station en orbite autour de la Lune.

C’est pour toutes ces raisons qu’il est indispensable de construire une stratégie spatiale européenne cohérente, et j’y travaille activement chaque jour au Parlement Européen !

L’Agence Spatiale Européenne a annoncé vouloir recruter de nouveaux astronautes, pouvez-vous nous en dire plus ?

En effet pour la première fois depuis 2009, l’Agence Spatiale Européenne lance le recrutement d’une nouvelle génération d’astronautes. Au total environ une vingtaine d’astronautes seront recrutés, dont 4 à 6 qui pourraient aller dès 2025 autour de la Lune !

C’est une opportunité exceptionnelle pour tous les Européens qui rêvent d’espace, de sciences et de découverte. Surtout, pour la première fois, la sélection sera également ouverte aux personnes présentant certains handicaps, afin d’essayer des technologies spécifiques aux premiers « parastronautes ».

Les principales conditions sont d’avoir un master en sciences naturelles, médecine, ingénierie, mathématiques ou informatique ou d’être titulaire d'un diplôme de pilote d'essai. Trois ans d'expérience professionnelle sont également nécessaires, ainsi qu’une très bonne maîtrise de l’anglais.

Si j’avais un message à faire passer à propos de cette campagne de recrutement : encouragez les candidatures féminines autour de vous ! En effet, lors de la précédente vague de recrutement d’astronautes en 2008, les femmes ne représentaient que 18% des candidatures. On peut faire beaucoup mieux !     

Alors parlez-en autour de vous, et rendez-vous sur le site de l’ESA entre le 31 mars et le 28 mai 2021 pour candidater.