S'inscrire à notre newsletter Nos dernières newsletters

Les députés européens du PDE nous disent pourquoi ils ont choisi de se battre pour l'Europe

Les langues, les cultures, les différences régionales et les initiatives locales doivent être chéries car elles constituent le principal atout de l'Europe.

Un leadership européen renouvelé, en regardant de Berlin, Paris et Rome vers Bruxelles et les futurs défis de l'Union.

Sandro Gozi

Sur le plan européen, la France s'apprête à assurer la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne du 1er janvier au 30 juin 2022. La présidence du Conseil de l'UE organise des réunions, élabore des compromis, émet des conclusions et assure la cohérence et la continuité du processus décisionnel. Il assure une bonne coopération entre tous les États membres et gère les relations du Conseil avec les institutions européennes, en particulier la Commission et le Parlement européen.

Tels sont les termes d'un leadership européen renouvelé, qui, depuis Berlin, Paris et Rome, se tourne vers Bruxelles et les défis futurs de l'Union.

Pause café avec Sandro Gozi, député européen Renew Europe et secrétaire général du Parti Démocrate européen.

Q : Comment évaluez-vous le programme du chancelier Scholz, dans ses promesses fédéralistes européennes ?R : Le programme du nouveau gouvernement allemand présenté par le chancelier Scholz mérite d'être soutenu car il contient des points intéressants pour ceux qui se disent réformateurs et pro-européens convaincus. Le programme indique : "Une Union européenne démocratiquement plus forte, plus capable d'agir et stratégiquement souveraine est la base de notre paix, de notre prospérité et de notre liberté. C'est dans ce cadre que nous abordons les grands défis de notre temps. Nous utiliserons la conférence sur l'avenir de l'Europe pour la réforme. Nous soutenons les changements nécessaires aux Traités. La conférence devrait déboucher sur une convention constituante et sur la poursuite du développement d'un État fédéral européen, décentralisé et organisé conformément aux principes de subsidiarité et de proportionnalité et fondé sur la Charte des droits fondamentaux." Et encore : "Nous voulons renforcer le Parlement européen, par exemple en ce qui concerne le droit d'initiative, de préférence dans les traités, sinon au niveau interinstitutionnel. Nous soutenons une loi électorale européenne unique avec des listes partiellement transnationales. Nous utiliserons et étendrons le vote à la majorité qualifiée au Conseil". Pour quelqu'un comme moi qui a toujours été un fédéraliste européen, lire dans le programme des mots tels que réforme des traités, convention constituante et État fédéral européen est vraiment de bon augure.

Q : En janvier 2022, la présidence française du Conseil de l'UE prend ses fonctions : quelles sont vos priorités ?
R : La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron a déclaré aux journalistes que la présidence française de l'Union européenne avait pour objectif de "progresser vers une Europe puissante dans le monde, une Europe pleinement souveraine, libre de ses choix et capable de dominer son propre destin". Emmanuel Macron veut une Europe capable de contrôler ses frontières et va donc introduire une réforme de l'espace de libre circulation Schengen. La France entend défendre notre modèle social en Europe, en concevant un modèle de production mais aussi de solidarité : un sommet exceptionnel se tiendra en mars autour d'un nouveau modèle européen de croissance et d'investissement. Emmanuel Macron a également déclaré qu'il souhaitait un service civique européen de six mois pour tous les jeunes de moins de 25 ans. Le président français a ensuite promis de concilier ambitions climatiques et développement économique et a exposé les grandes lignes d'une nouvelle taxe carbone aux frontières de l'UE. Des projets visant à faire de l'Europe une puissance numérique ont été annoncés : deux paquets législatifs, la loi sur les services numériques et la loi sur les marchés numériques, sont actuellement en cours au niveau de l'UE et seront les priorités de la présidence française. Concernant le débat sur l'État de droit qui a divisé l'Europe occidentale et orientale, Emmanuel Macron a prévenu qu'il s'agissait de questions existentielles qui ne pouvaient être négociées..

Q : Comment l'équilibre de la politique européenne va-t-il évoluer avec la nouvelle coalition "feu rouge" en Allemagne et dans la perspective des prochaines élections présidentielles en France ?R : L'élément fondamental de la majorité qui soutient le nouveau gouvernement allemand est la contribution des Verts et des Libéraux, deux forces aussi centrales en Allemagne qu'Italia Viva en Italie. La coalition avec le SPD donnera, espérons-le, un nouvel élan au processus d'intégration européenne, en vue d'une nouvelle convergence d'intentions entre la France et l'Allemagne, mais en laissant cette fois aux autres États membres la possibilité de jouer un rôle de premier plan : en ce sens, l'Italie, sous la direction de Mario Draghi, doit jouer et jouera son rôle du mieux qu'elle peut. Bien sûr, avoir Emmanuel Macron à l'Élysée pour un nouveau quinquennat, premier créateur de la Conférence sur l'avenir de l'Europe et pro-européen convaincu, sera également fondamental : un jeu stratégique pour l'équilibre et le destin futurs de la France et de l'Europe se jouera au printemps.

Q : Quel rôle pour l'Italie, également après la récente signature du traité du Quirinal entre Mario Draghi et Emmanuel Macron ?R : Nous avons vu que les conditions sont réunies pour que l'Allemagne réponde enfin positivement à la proposition française d'une Europe à nouveau maîtresse de son destin, qu'Emmanuel Macron porte depuis le début de son mandat, et que l'Italie se joigne également à ce projet. Le gouvernement Draghi a restauré l'énorme crédibilité et l'autorité de l'Italie en Europe. Le 26 novembre, Mario Draghi et Emmanuel Macron ont signé à Rome le traité du Quirinal - pour lequel j'ai personnellement et politiquement tant travaillé depuis 2017 - qui stipule que "les parties agissent ensemble pour une Europe démocratique, unie et souveraine et pour le développement de l'autonomie stratégique". Le triptyque Berlin-Paris-Rome, avec le travail réalisé par les grandes familles de partis européennes composées de socialistes, de la droite et de libéraux, est à mon avis la base sur laquelle construire l'Europe du présent et de l'avenir.

Lisez l'intégralité de l'interview sur le site d'Italia Viva.