L'Europe doit avoir le pouvoir de façonner l'intelligence artificielle et de garantir que ses avantages profitent à l'ensemble de la société. Tel était le message commun de trois eurodéputés du Parti Démocrate Européen lors de leurs interventions en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg le 22 octobre.

Leurs contributions ont mis en avant trois priorités : établir une gouvernance mondiale efficace, développer les capacités technologiques de l'Europe et protéger les personnes dont le travail, les droits et les moyens de subsistance sont transformés par l'IA.

Une voix européenne dans la gouvernance mondiale de l'IA

Pour le Secrétaire général du PDE, Sandro Gozi, la compétition autour de l'IA déterminera également qui fixera les normes régissant son développement et son utilisation.

"Nous ne pouvons pas laisser les États-Unis ou la Chine décider seuls de notre avenir", a-t-il déclaré.

Gozi a appelé l'Europe à promouvoir un traité international sur l'IA avancée, notamment au sein des Nations Unies, comprenant des tests de sécurité obligatoires, des garanties contre les utilisations dangereuses et une surveillance humaine efficace.

Cette ambition doit être soutenue par des investissements dans l'innovation européenne, les talents et les champions industriels, ainsi que par la suppression des obstacles à un véritable marché unique pour l'IA.

"Pour façonner les règles du jeu, il faut être dans le jeu", a souligné Gozi.

Développer la capacité de mener

Oihane Agirregoitia Martínez a mis en avant le potentiel de l'IA pour améliorer la qualité de vie et renforcer l'industrie européenne, tout en mettant en garde contre ses implications pour la sécurité, les droits démocratiques et un marché du travail en rapide évolution.

L'Europe doit diriger la gouvernance mondiale tout en investissant dans les capacités technologiques nécessaires pour faire ses propres choix.

"Nous avons besoin de nos propres capacités et ne pouvons dépendre de ce que décident les autres", a-t-elle déclaré. "Aucune réglementation ne protège ceux qui ne comprennent pas la technologie qu'ils utilisent."

Son message a lié l'ambition technologique à la préparation sociale : développer de nouvelles compétences, gérer les risques et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

"Nous n'avons pas à choisir entre l'innovation et la protection, ni entre la compétitivité et la sécurité."

Protéger la créativité et partager les avantages

Laurence Farreng s'est concentrée sur les responsabilités culturelles, éthiques et sociales qui doivent accompagner le progrès technologique.

"L'IA que nous voulons sera responsable, et pour cela, nous avons besoin d'une gouvernance mondiale", a-t-elle déclaré.

Farreng a appelé à mettre fin à l'exploitation des médias, des artistes et des créateurs sans respect pour leurs droits, et a plaidé en faveur d'une révision du cadre européen du droit d'auteur.

Elle a également soutenu que l'IA doit tenir compte des bouleversements sociaux qu'elle engendre, en préconisant une contribution sociale pour aider à faire face aux conséquences de la transformation technologique.

Ensemble, les trois interventions ont esquissé une approche européenne qui allie l'innovation à la responsabilité démocratique. L'Europe doit développer la capacité de concurrencer, défendre sa force culturelle et créative, et veiller à ce que le progrès technologique se traduise par une prospérité et des opportunités accrues pour tous.

Membres associés

Laurence Farreng
Membre de la Présidence
France
Mouvement Démocrate (MoDem)
Oihane Agirregoitia Martínez
Membre de la Présidence
Pays basque
EAJ-PNV Euzko Alderdi Jeltzalea
Sandro Gozi
Secrétaire général
France
Mouvement Démocrate (MoDem)

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