Gozi : « Les agressions contre les journalistes en Albanie exigent des enquêtes indépendantes »
Le Parti démocrate européen est profondément préoccupé par les signalements de violences, de menaces et d’entraves visant des journalistes qui couvrent les manifestations en Albanie. L’Association des journalistes d’Albanie (AGSH) a publié une liste détaillée des incidents. Une enquête de BIRN publiée le 3 novembre fait état d’une cinquantaine de cas depuis le 13 octobre, dont 41 attribués à des agents de la Police d’État. Reporters sans frontières a recensé 28 signalements de violences, d’intimidations ou d’entraves touchant au moins 23 professionnels des médias entre le 13 et le 19 octobre, dont au moins 12 agressés physiquement.
Les cas décrits par BIRN sont particulièrement alarmants : Glidona Daci, reporter de Klan News, affirme avoir été aspergée au visage alors qu’elle était en direct ; Julian Hoxhaj, rédacteur de Syri, affirme avoir été frappé à coups de pied et traîné par une douzaine de policiers ; Lorin Kadiu, directeur de Citizens.al, affirme qu’une balle en caoutchouc a frôlé son visage et qu’un canon à eau a endommagé son matériel.
« Les témoignages de journalistes frappés, bousculés, aspergés ou empêchés de travailler doivent être pris au sérieux. Les journalistes doivent pouvoir informer librement et en sécurité, en particulier lorsqu’ils documentent l’action des autorités. Ces allégations exigent des enquêtes rapides, impartiales et indépendantes, la conservation de toutes les images pertinentes et que les responsables rendent des comptes », a déclaré Sandro Gozi, secrétaire général du Parti démocrate européen.
Le Comité pour la protection des journalistes et ses organisations partenaires ont demandé l’ouverture d’enquêtes ; trois professionnels des médias ont dû être soignés à l’hôpital après les incidents du 13 octobre. Dans son suivi distinct de la manifestation du 20 octobre, le Défenseur du peuple albanais a lui aussi fait part de ses préoccupations quant à des violences policières présumées et demandé que les preuves soient conservées et les responsabilités établies.
Sandro Gozi a ajouté : « Le Premier ministre Edi Rama doit cesser d’intimider ou de discréditer les médias en raison de leur couverture. Quand des journalistes subissent des violences dans l’exercice de leur métier et que le Premier ministre s’en prend aux rédactions, l’Albanie s’éloigne du chemin européen qu’elle dit vouloir suivre. Le respect de la liberté de la presse, la responsabilité et l’État de droit doivent se démontrer dans les faits, et non seulement se promettre au cours du processus d’adhésion à l’UE. »
Le Parti démocrate européen appelle les autorités albanaises à garantir la sécurité des journalistes qui couvrent les manifestations publiques et à veiller à ce que toute enquête sur les abus présumés soit impartiale et indépendante.













