Gozi à Vučić : « La Serbie n'est pas votre propriété »
Dans une vidéo publiée le 8 octobre 2026 sur les chaînes du Parti Démocrate Européen, Sandro Gozi, eurodéputé et Secrétaire général du PDE, s'est adressé directement au Président serbe Aleksandar Vučić avant les élections législatives du 25 octobre.
"Le Président Vučić craint les votes qu'il ne peut contrôler. Nous le savons. Et les citoyens serbes en paient le prix", a déclaré Gozi.
Une diaspora privée d'urne
Plus de 100 000 Serbes vivant à l'étranger ont demandé à voter. Pourtant, plus de 30 villes avec de grandes communautés serbes sont privées de bureau de vote. En Australie, les électeurs doivent parcourir des milliers de kilomètres pour voter. Aux États-Unis, certains devront voter en pleine nuit.
Les membres de la diaspora serbe ont tiré la sonnette d'alarme et écrit à l'OSCE. "Nous attendons qu'elle fasse son travail, examine cette préoccupation et défende des élections libres et équitables", a déclaré Gozi.
Inscriptions suspectes, intimidation, attaques contre la presse
Les problèmes ne se limitent pas à l'étranger. Gozi a signalé des rapports faisant état de plus de 150 électeurs inscrits à une seule adresse. "Inscriptions suspectes sur le territoire, obstacles pour les électeurs à l'étranger", a-t-il déclaré.
"Nous, les Démocrates Européens, constatons également des rapports faisant état d'hommes masqués intimidant des citoyens et d'attaques contre des journalistes et des observateurs électoraux. Nous ne fermerons pas les yeux."
"Ses citoyens n'ont pas besoin de votre autorisation"
Gozi a également établi un parallèle avec la Hongrie. "M. Vučić, avez-vous peur de subir le même sort qu'Orbán ? Vous avez perdu le contact avec votre peuple. Maintenant, vous craignez leur verdict."
"Faire taire les critiques ne rétablira pas la confiance. Bloquer les électeurs ne gagnera pas leur soutien", a-t-il poursuivi. "La Serbie n'est pas votre propriété. Ses citoyens n'ont pas besoin de votre autorisation pour vous remplacer. Ils ont le droit de voter. Vous n'avez pas le droit de leur barrer la route."
Un test pour la voie européenne de la Serbie
Le vote du 25 octobre intervient après des mois de mobilisation des citoyens serbes, des étudiants et de la société civile exigeant la responsabilité et l'État de droit. Les médias indépendants et les forces de l'opposition ont déjà accusé le gouvernement de rendre plus difficile le vote de milliers de citoyens à l'étranger.
Pour le PDE, la manière dont se déroule cette élection est un test pour les ambitions européennes de la Serbie. Des élections libres et équitables, une presse libre et la protection des observateurs ne sont pas des options facultatives sur la voie de l'Union européenne : ce sont ses fondements. Les Démocrates Européens continueront de suivre de près le vote, aux côtés des citoyens serbes sur place et à l'étranger qui revendiquent leur droit de choisir leur avenir.













